Ingoma, une histoire rock’n’roll

Le tambour burundais vient d’être adopté à l’unanimité par l’Unesco, mais notre chère tambour national n’a pas attendu l’Unesco pour faire la Une de l’actu.

Pas moins de 14 semaines dans le top 40 anglais en 1971, non ce n’est pas un exploit des Beattles ni de David Bowie, mais bel et bien un exploit made in Burundi.

En 1971, 125 000 exemplaires du single Burundi black sont écoulés sur le seul sol britannique. Burundi black est un titre New Wave aux fortes sonorités tribales avec un piano, une guitare, une basse et tenez-vous bien, un enregistrement de nos célèbres Ingoma fait office de percussions. Ce titre est signé par un certain Mike Steiphenson; un saut sur sa page Wikipédia nous apprend que Mike est en fait le pseudo d’un certain Michel Bernholc, un musicien et arrangeur français. Il a travaillé
avec de grandes stars de la chanson française comme Véronique Samson, Françoise Hardy, Michel Sardou entre autres.  (Maintenant ça va mieux j’espère)
Donc en 1971, Michel Bernholc est en tête en Grande-Brretagne  avec son single Burundi black, un plagiat de nos célèbres tambours royaux les INGOMA.
Ecoutez BURUNDI BLACK:

Tout commence en 1967 quand deux anthropologues CHARLES DUVELLES et MICHEL VUYLSTEKE sont en voyage au Burundi pour collecter nos musiques traditionnelles dans un but plus que louable de: « Protection d’un patrimoine culturel immatériel ».
Un An plus tard l’album MUSIQUE DU BURUNDI voit le jour sous le label OCORA (soit l’ Office de Coopération Radiophonique) avec 11 titres dont des morceaux d’INANGA, de FLUTE traditionnelle, d’IKEMBE ou encore d’UMUDURI et pour clore ledit album, un titre intituler ENSEMBLE OF DRUMS qui comme son nom l’indique est en gros un enregistrement de nos célèbres Tambourinaires.

C’est ainsi qu’en 1971 MICHEL BERNHOLC, sans doute à la recherche d’inspiration, tombe sur cet enregistrement de nos chers tambourinaires et s’empare de cet ENSEMBLE OF DRUMS pour en faire la base de son titre BURUNDI BLACK, la suite vous la connaissez déjà; 125 000 disques vendues, BERNHOLC s’approprie tout le crédit et les royalties qui vont avec sûrement et ‘‘s’enrichie’’ ainsi sur le dos de nos pauvres percussionnistes qui n’ont sans doute jamais su qu’ils squattaient le sommet des hit-parade en compagnie de légendes de la musique populaire mondiale et ce, pendant plusieurs semaines.
L’histoire de nos chères tambourinaires ne s’arrête pas là puisqu’en 1975, c’est JONI MITCHEL le célèbre rockeur canadien qui sample cet enregistrement sur son single THE JUNGLE LINE, en versant évidemment des droits d’auteur a BERNHOLC
Dans les années 80 une vague de NEW TRIBALISM, comme le surnomme le NEW YORK TIMES a l’époque, envahit l’Angleterre résultat nos célèbres tambourinaires se retrouvent en featuring (Uncredited of Course) sur plusieurs titres dont ROCKET de DEF LEPPARD, ZIMBO de ECHO & The BUNNY MEN ou encore 59 CHRYSTIE STREET des BEASTIE BOYS.
Des groupes de punk tels que BOW WOW WOW ou encore ADAM & THE ANTS font de nos percussions leurs marques de fabrique, voire C30 C60 C90 Go et I WANT CANDY qui ne sont rien d’autre que des versions retravaillé et alternatif du style des INGOMA.
Cet ainsi que sans le savoir de simple tambourinaires MADE IN BURUNDI ont avec un simple enregistrement influencés et lancé un mouvement Pop/Rock sans bouger de leur bled.