Burundi : un long chemin vers la paix

Depuis fin décembre je suis en Afrique du Sud. Depuis que je suis ici, à Johannesburg, j’ai eu largement le temps de visiter la ville pour vous dire que Joburg est l’une des plus belles villes d’Afrique, si bien sûr on aime les gratte-ciel, les larges autoroutes en bonne état et les panneaux publicitaires un peu partout.

Une des plus belles villes d’Afrique ! Cette affirmation est à prendre avec des pincettes, venant de moi, puisque la seule comparaison que j’ai c’est Bujumbura.

Bujumbura, ma ville natale ma hometown comme le dise si bien les Anglais… Qu’est-ce que tu me parais bien petite tout d’un coup!!

Si je vous parle de Johannesburg ce n’est pas juste pour me moquer de my home sweet home, je vous en parle parce que je viens de regarder Mandela : un long chemin vers la liberté (Mandela :long walk to freedom)un film de Justin Chadwick, sorti en 2013 qui est une adaptation de l’autobiographie Un long chemin vers la liberté(Long Walk to Freedom, 1994) de Nelson Mandela, racontant son enfance, sa carrière politique, ses luttes anti-apartheid et ses années de prison.

Après avoir vu ce film j’ai voulu tout savoir sur l’Afrique du Sud et sur cette période noire (sarcasme) de son histoire. Mon pays, comme chaque fois avec l’ approche des élections, traverse une période de tension qui commence à atteindre des proportions inquiétantes.

N’étant qu’un simple citoyen et rien qu’un observateur, certes concerné mais certainement pas « spécialiste » de la question, je vais vous donner mon avis d’amateur sur la question sous forme d’une analyse croisée avec ce fameux film sur la vie de Mandela.

Dans Mandela : long walk to freedom, on a une vision certes fictionnelle de la situation sud-africainede l’époque, mais une situation qui tout de même s’inspire d’une histoire vraie.

Durant les premières années de son combat, « Madiba » opte pour ce qu’on pourrait appeler  « a non-violent fight », mais c’est après le massacre de Shaperville qui coûte la vie à plusieurs milliers de personne que Mandela et ses potes de l’ANC, décide si je peux me permettre l’allégorie, de passer à la vitesse supérieure. Ainsi l’ANC commence à se livrer à des actes de sabotage contre des bâtiments officiels, des actes qui vaudront à Mandela une condamnation d’une peine de réclusion à perpétuité.

Il passera finalement comme vous le savez déjà (ou pas) 27 longues années en prison. Quand il sort c’est un homme âgé, qui a passé 27 ans de sa vie à méditer sur sa vie, sur la vie en générale et le futur de son pays en particulier.

Quand MADIBA sort de prison, la rage gronde dans les rues, les altercations entre policiers/militaires armés et manifestants sont quasiment quotidiennes et font des milliers de victimes.

Avec la libération de Mandela  les populations dans les townships espèrent obtenir vengeance contre toutes les exactions qu’elles ont subies.

Une Allocution télévisée de MANDELA clarifie bien les choses et remet les points sur les « i »:

«…There Is Only One Way Forward, And That Is PEACE… » Il continue dans cette allocution en disant: « I am Your leader and As Long As I Am your leader, I’m going to give you leadership… ». Il leur rappelle qu’ils lui ont pris 27 ans de sa vie mais qu’il leur a pardonné et en tant que leur leader, il demande à son peuple de laisser la voie des urnes décider.

 

Mandela House

 

Actuellement, au Burundi, nous traversons une situation pareille à bien des égards. Nos leaders politiques semblent aveuglés, certains par le pouvoir et d’autre par sa recherche qu’ils en viennent à oublier que leurs actes font des victimes collatéraux. De pauvres innocents qui veulent juste pouvoir se lever chaque matin et sortir dans la rue, aller au champ/travail sans avoir peur de se retrouver dans les griffes de milices armées ou embarqués et emprisonnés à perpétuité.

Chers compatriotes, chers citoyens et très chers leaders, le chemin de la violence est un cul de sac qu’on a déjà emprunté.

Ne faisons pas la même erreur deux fois. Je ne vais pas vous apprendre votre métier et vous dire quoi faire, après tout je ne suis qu’un simple blogueur, un blogueur culturel de surcroit. Mais, de grâce, ne jouez pas avec les vies de nos frères et sœurs, montrez-vous digne des responsabilités que nous vous avons donné, ne laissez pas le pouvoir vous monter à la tête. Et chers concitoyens, chers jeunes ne vous laissez pas manipuler et berner, vous valez bien mieux que ça.

 

Rappellez-vous « There is only one way FORWARD and that is PEACE »

 

ArT, un citoyen qui croit encore en son pays.  #InBurundiWeTrust